Remarques sur le code couleur

♦ Phonèmes [O] [Œ] [E]

Les archiphonèmes voyelles [O] [Œ] [E] regroupent chacun deux phonèmes, une voyelle orale fermée et une voyelle orale ouverte qui sont les variations d’un même son :
[O]  pot / port             [Œ]  peu / peur                 [E] fée / fer
Dans le code facilecture, une seule couleur note indifféremment les deux prononciations, fermée et ouverte.
[O] est noté par la couleur rose, [Œ] est noté par la couleur bleu,  [E] est noté par la couleur violet.

On pourrait objecter ici que la distinction entre voyelle fermée et voyelle ouverte devrait être indiquée dans le code facilecture. Cette option avait été prise en considération initialement, une nuance de couleur (claire/foncée) permettant de faire apparaître les distinctions.
Cette option n’a finalement pas été retenue : toutes les expériences menées avec un codage introduisant une distinction voyelle ouverte/voyelle fermée ont montré que cette discrimination n’était pas pertinente pour l’activité de lecture proprement dite.
En situation de déchiffrement, lorsque le lecteur perçoit dans un mot codé un graphème coloré  (rose, bleu ou violet) et veut le sonoriser, il adapte naturellement sa prononciation au mot de la langue orale qu’il connaît. Il ajuste le résultat de son déchiffrement à sa langue parlée, allant piocher dans son registre « langue orale » le mot qu’il possède et fait sens pour lui.
L’objectif de facilecture est de donner à l’apprenant un indice de lecture. Et l’indication du son générique (ou son moyen) représente un indice essentiel dans le déchiffrement en lien avec la  langue orale de l’apprenant.
Préciser au lecteur une prononciation, dont on sait par ailleurs qu’elle varie selon les locuteurs, les accents, les régions et les différents lieux de la francophonie, n’est pas l’objet. Le choix d’une couleur générique laisse chacun libre de l’ajustement sonore selon son parler.
Le choix d’une seule  couleur pour le codage des positons ouverte et fermée de la même voyelle répond à l’objectif de lecture fixé. C’est l’option par défaut du procédé facilecture. Ce choix présente par ailleurs  plusieurs avantages : celui de ne pas « inventer » 3 couleurs supplémentaires pour noter les prononciations ouvertes et fermées de [O], [Œ], [E], et il montre bien toutes les contradictions qu’il y a à vouloir se référer à une prononciation normative du français pour enseigner la lecture. L’enseignement de la lecture (langue écrite) est en lien direct avec la langue orale que pratique et possède l’apprenant.
L’enseignant utilisateur du procédé a tout loisir d’introduire et d’appliquer dans son enseignement, s’il le souhaite, des nuances tout comme il  peut modifier certains codages pour les rendre conformes à la réalité de la langue parlée en usage par ses élèves (accent, régionalisme) ou simplement les adapter à ses choix et besoins pédagogiques.

♦ Phonèmes [A] et []

Pour des raisons identiques, nous considérerons que pour  les phonèmes [A] et [], les distinctions entre voyelle ouverte et voyelle fermée ne sont pas suffisamment pertinentes, ni suffisamment nombreuses pour être identifiées par des nuances de couleur.
Exemple : /patte/ et /pâte/ pour [A] et /brin/ et /brun/ pour [].
L’observation par les linguistes de l’évolution de la langue parlée montre par ailleurs que ces oppositions qui demeurent très localisées tendent à disparaître.

♦ Phonème [y]

Nous ne considèrerons qu’un seul phonème [y] là où les phonéticiens en distinguent deux, les phonèmes [y] dans /urne/ et [y] dans  /huit/ qu’ils différencient.

Phonème [w]

Nous avons choisi de coder en rouge ce phonème particulier que les phonéticiens relèvent dans la langue parlée et qu’il est très difficile d’identifier pour un enfant et même pour un adulte… Dans facilecture le phonème [w] sera systématiquement codé [u] pour faciliter sa lecture.
Pourquoi en rouge ? Parce que la sonorité de ce phonème spécifique et bien particulier (semi-voyelle) est très proche acoustiquement du son [u] avec lequel il se confond souvent … et parce qu’il s’écrit le plus souvent avec le graphème… ou …. comme par exemple dans : oui ; ouate ; ouest ; chouette ; fouet
Ce phonème, toujours placé devant une voyelle orale ou nasale, apparaît essentiellement dans les situations suivantes :
- associé à la voyelle orale [a] avec laquelle il fait [wa] comme dans : roi ; wapiti ; aquarium ; poêle
- associé à la voyelle orale [i] avec laquelle il fait [wi] comme dans : Wilfried ; wifi ; week-end
- associé à la voyelle nasale [] (in) avec laquelle  il fait  [w]  comme dans soin
Dans le procédé facilecture, fondé sur le principe de marquage du phonème, le codage se fait en deux couleurs puisqu’il y a bien association de deux phonèmes dans ces réalisations. C’est tout naturellement que les enfants adoptent ce codage qui les aide à décoder l’écrit, ce qui est bien le but du code en couleurs. Et dans roi, ils entendent bien [a], ce en quoi ils ont parfaitement raison.

Phonèmes [i] [ j ]

Dans plusieurs méthodes de lecture, le graphème /i/ est considéré comme représentant systématiquement le phonème [i] ce qui est inexact phonétiquement car, associé à une voyelle orale ou nasale qui le suit, le graphème /i/ ne se ne prononce pas [i] mais [j]. Ainsi prononce t-on  [pjano] et non [piano].
Dans le code facilecture, le graphème /i/  est codé selon le phonème qu’il représente :
soit [i] comme dans /île/ /nid/          île ; nid
soit [j] comme dans /piano/ /bien/ / lion/ /avion/    bien ; piano ; lion ; avion

Le  graphème /y/ sera traité de la même façon ; c’est  le cas dans les exemples suivants :

pyjama ; Myriam ; yaourt

L’association de la lettre /o/ et de la lettre /y/, comme dans les mots  /royal/   /moyen/  donne lieu à  une prononciation particulière.
Nous traiterons la lettre /y/  avec une double valeur  [a] + [j]  =  [aj]     

Un caractère spécial a été créé pour permettre de réaliser le codage particulier de la lettre y en deux couleurs ; ce caractère est présent dans la police spécifique facilecture 0ly (lire zéro-ly) qui propose également des signes permettant d’indiquer visuellement les liaisons de l’oral.

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